Mairie de Frontenac - 1 place du 19 Mars 1962 - 33760 Frontenac - Tel : 05 56 23 96 38 - contact émail - Info@frontenac.eu - mentions légales -




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Administration


Ville : Frontenac

Code Postal : 33760

Canton : Targon  

Département : 33 (Gironde)
Région : Nouvelle Aquitaine Habitants : 747
Maire : Josette Mugron (depuis 2014)

Démographie


Densité : 52 hab / km2

Gentilé : Frontenacaises et Frontenacais


Géographie


Altitude : mini : 24m ; maxi : 105m Superficie : 14,4 km2

Coordonnées : 44° 44' 17" N

                            0° 9' 45" O

Plein coeur de l’entre-deux-mers

La commune de Frontenac, à l'est de Targon, bien connue pour ses importantes carrières de pierre de taille, a été formée par la réunion des anciennes paroisses de Frontenac et de Sallebruneau (dépendance des chevaliers de Malte, possesseurs du château). Elle doit son nom à un propriétaire gallo-Romain, "Frontenius". Elle fut occupée très tôt, comme l'attestent les dolmens et l'allée couverte mégalithique de Bignon, les silos troglodytiques de Pique-Poche, les vestiges d'une villa du II ème siècle près de l'église et des nombreuses sépultures Mérovingiennes mises à jour sur le territoire.


Frontenac a aujourd'hui une vocation viticole, mais a connu une forte activité autour de l'extraction et du travail de la pierre, qui en a fait son renom. Traversée par trois ruisseaux qui ont entaillé le plateau calcaire de l'Entre-deux-Mers, cette commune riche en vestiges de la préhistoire à nos jours, offre des vallons boisés propices aux sports de pleine nature, à égale distance de Langon, Libourne, la Réole, Bordeaux, Marmande, Ste Foy.


La halle

Rue de Rauzan

Entrée du Bourg

POPULATION Le village LA PIERRE DE FRONTENAC


La pierre de Gironde, qu'elle soit de Bourg, Saint-Macaire, ou Frontenac offre une variété de couleurs remarquable. Depuis toujours elle est  exploitée par l'homme, si bien qu'aujourd'hui encore, on retrouve de nombreuses galeries témoignant de l'activité importante des carriers.


    Les pierres de Frontenac étaient taillées une à une à la main et étaient ensuite acheminées en train sur les chantier de construction de Bordeaux. Assurant une bonne étanchéité des murs elles sont aussi bien utilisées pour les façades des maisons que pour enrocher les piles de ponts et les rives de cours d'eau. Ainsi on peut trouver des pierres de Frontenac dans tout le vieux -Bordeaux et dans nombre d'églises.


    Aujourd'hui, l'activité se perpétue mais de manière très mécanisée. L'extraction s'effectue maintenant à carrière ouverte. On réalise tout d'abord un front de taille, ensuite une haveuse délite  d'énorme blocs que l'on va redécouper en tranches plus maniables. Chaque tranche sera plus tard débitée en pierre de dimension utilitaire.


    Les anciennes carrières de pierres ont été reconverties en champignonnières. Mais après de nombreuses années d'exploitations, l'évolution du marché du champignon de Paris a provoqué la fermeture de l'usine de conditionnement et de vente "Champico" de Rauzan, entraînant la disparition progressive des différents sites de production de la région.


HISTORIQUE


La commune actuelle de  Frontenac est issue de la fusion en 1965 des communes de Sallebruneau et de Frontenac. L’ancienne commune de Sallebruneau est née à la Révolution de la réunion des paroisses de Sainte-Présentine et de Sallebruneau. Cela explique la présence de trois églises sur le territoire communal, mais celles de Sallebruneau et Sainte-Présentine sont des ruines.

Les premières traces d’une présence humaine sur la commune remontent à l’époque préhistorique avec quelques rares vestiges du paléolithique et surtout avec les vestiges d’une allée couverte située à Bignon et datée du néolithique. Ces trouvailles préhistoriques sont à mettre au compte de l’abbé Labrie, prêtre de Frontenac et pionnier de la préhistoire de la fin du XIX° siècle et au début du XX° siècle (une plaque posée sur le mur sud de l’église lui rend hommage). L’époque gallo-romaine a livré plusieurs sites attestant d’une occupation : à Chollet, à Sainte-Présentine et sous l’église actuelle de Frontenac. C’est sûrement à cette époque qu’est né le nom de Frontenac. L’absence de fouilles archéologiques ne permet pas de préciser la datation de ces vestiges. A la fin de l’Antiquité, la christianisation se met en place et un premier lieu de culte voit le jour autour de l’église de Frontenac comme en témoigne la découverte d’une tombe mérovingienne en 1988.

La vie des hommes à l’époque médiévale et jusqu’à la Révolution française s’organise dans un cadre paroissial, avec une paroisse primitive ancienne autour de Frontenac ou de Sainte-Présentine. La paroisse de Sallebruneau est créée plus tardivement, autour de l’an 1100, vraisemblablement par l’ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem (appelé plus tard ordre de Malte) qui établissent une seigneurie sur le territoire de cette paroisse. Les deux autres paroisses dépendent alors de seigneurs différents : la paroisse de Frontenac dépend de la seigneurie de Rauzan, celle de Sainte-Présentine de la seigneurie de Benauges. A Sallebruneau, les moines soldats édifient une commanderie accolée à l’église du XII° ou XIII° siècle.

Les destructions de la Guerre de Cent ans nécessitent de repeupler l’ensemble de l’Entre-Deux-Mers : le territoire de la commune de Frontenac n’y échappe pas. Plusieurs lieux-dits rappellent le nom de ces familles venues s’installer dans la deuxième moitié du XV° siècle (Chollet, Tiffaut, Garineau).

Depuis l’antiquité, l’activité principale des hommes est l’agriculture, basée sur une polyculture associant les céréales, la vigne, un peu d’élevage et la forêt. Quelques artisans étaient également présents comme des tisserands, des forgerons. L’activité céréalière a en grande partie disparu de nos jours, mais la présence de nombreux moulins atteste de l’importance des céréales dans la vie quotidienne jusqu’au XIX° siècle. Les moulins à eau remontant pour la plupart au Moyen Age, sont installés sur les ruisseaux de l’Engranne  (Bachon, Hauteroque) ou du Gourmeron (Chollet, Lassijan) ou du Coussillon (Garineau). S’ajoute le souvenir d’un moulin à vent, plus tardif, qui a donné son nom à un lieu-dit de la commune. Le toponyme du Milha, rappelle quant à lui la production céréalière.

La Révolution française modifie le cadre administratif en transformant les paroisses  en communes. La commune de Sainte-Présentine disparait rapidement et son territoire s’intègre dans celui de Sallebruneau. La mairie remplaçant l’église, seule l’église de Frontenac a été entretenue et est restée vouée au culte. La commune de Sallebruneau, peu peuplée voit ses deux églises désaffectées  tomber progressivement en ruine.

Le XIX° siècle apporte un changement notable dans les communes de Frontenac et Sallebruneau avec l’exploitation de la pierre dans des carrières en grande partie souterraines. Cette activité extractive, qui existait bien auparavant pour construire les maisons localement, se développe dans la deuxième moitié du XIX° siècle et jusqu’à la Première Guerre mondiale. Ces carrières servent à l’extraction de pierre de taille et amènent un afflux important de carriers. La nécessité d’expédier cette pierre a poussé à l’établissement d’une ligne de chemin de fer reliant Sauveterre-de-Guyenne à Bordeaux, passant par Frontenac : elle est mise en service en 1899. Elle est fermée en 1969, puis réhabilitée dans les années 1990 en piste cyclable. La commune de Frontenac connait un important développement à la fin du XIX° siècle grâce à cette activité d’extraction : de nombreux commerces se développent, une halle est construite pour abriter un marché hebdomadaire le vendredi.

La Première Guerre mondiale marque une rupture. Tout d’abord,  par le deuil : treize morts à Frontenac et quatre à Sallebruneau. L’extraction de la pierre de taille se meurt, car le ciment devient dans les années 1920 le principal matériau de construction. Les longues galeries des carrières souterraines deviennent des champignonnières, activité qui dure jusque vers 1980, époque où la concurrence la fait disparaitre. L’exploitation de la pierre reprend dans les années 1950, mais avec une technique différente (l’exploitation à ciel ouvert) liée à  une utilisation autre de la pierre (extraction de gros blocs pour des enrochements) et un transport de plus en plus routier. Une autre activité, qui reste importante aujourd’hui, la viticulture, s’est largement développée après la Seconde Guerre mondiale. Elle a connu une transformation notable, le passage d’une production de vin blanc à celle du vin rouge dominant. Le nombre de viticulteurs a aussi diminué et les propriétés sont plus grandes en surface.

  Au gré de vos promenades dans la commune par la route, par les sentiers de randonnée ou par la piste cyclable, vous pourrez découvrir les ruines des églises de Sallebruneau et de Sainte-Présentine : celle de Sallebruneau fait l’objet d’une restauration depuis plusieurs années, au mois de juillet, par des bénévoles encadrés par l’association Recherche Archéologiques de la Gironde. Vous pourrez rencontrer quelques maisons anciennes remontant au XVI° siècle dans plusieurs hameaux (le Milha, Bignon, Sauviolle), les ruines d’un moulin à eau sur le site de la Lirette, des lavoirs. Le camping naturiste de Guiton est installé dans un superbe ensemble de bâtiments du XVIII° et du début du XIX° siècle. Au Milha vous pourrez apercevoir la maison d’Etienne Richet, explorateur de la fin du XIX° et du XX° siècle et éphémère maire de Frontenac de 1925 à 1927.

Jean-Claude Huguet


3 monuments sont inscrits ou classés comme historiques sur la commune

CADASTRE NAPOLEONIEN